Amiante à Évreux : un noyau d'avant-guerre réduit, mais très dégradé

En bref
Le diagnostic amiante vise les permis antérieurs au 1er juillet 1997. À Évreux, 12 202 des 17 331 logements diagnostiqués datent d'avant 1989, soit 70,4 %.
Le bâti antérieur à 1948, minoritaire, y affiche 17,8 % de passoires.
Une ville reconstruite
Le constat amiante se déclenche sur une date : permis antérieur au 1er juillet 1997. À Évreux, cela vise 12 202 des 17 331 diagnostics, soit 70,4 % du parc.
Sa composition porte la marque de l'histoire de la ville. La génération 1948-1974 rassemble 7 396 diagnostics, 43 % de la commune, quand le bâti antérieur à 1948 n'en compte que 1 757, soit 10 %.
Évreux, largement détruite puis rebâtie, s'est donc constituée pour l'essentiel après la guerre. C'est l'inverse de villes comme Valenciennes ou Angoulême, où l'avant-guerre domine.
La ventilation par génération
Voici comment ce parc se répartit dans le temps.
Premier bloc, la génération 1948-1974 totalise 7 396 diagnostics, dont 8,4 % de passoires et 4,8 % de classes A ou B. le bâti antérieur à 1948 totalise 1 757 diagnostics, dont 17,8 % de passoires et 0,3 % de classes A ou B. Celle de 1978-1982 totalise 1 380 diagnostics, dont 0,7 % de passoires et 0,8 % de classes A ou B. la tranche 1975-1977 totalise 937 diagnostics, dont 3,8 % de passoires et 10,7 % de classes A ou B. Celle de 1983-1988 totalise 732 diagnostics, dont 1,1 % de passoires et 0,8 % de classes A ou B.
À la marge se pose le cas de la tranche 1989-2000, 3 021 diagnostics à Évreux : elle chevauche le seuil du 1er juillet 1997 sans qu'on puisse la découper. Pour ces logements, seule la date exacte du permis tranche.
Le petit noyau ancien concentre le problème
Ce noyau réduit pèse pourtant lourd. Les 1 757 logements antérieurs à 1948 affichent 17,8 % de passoires et 27,4 % de classes E : près d'un sur deux se situe sous la classe D, et 0,3 % seulement atteint les classes A ou B.
La génération 1948-1974 est deux fois moins exposée avec 8,4 % de passoires, et elle atteint 4,8 % de classes A ou B.
Une tranche se détache même : les 937 logements de 1975-1977 montent à 10,7 % de classes A ou B.
Toutes relèvent du même repérage amiante : l'obligation ne fait aucune distinction entre elles.
Ce que le diagnostiqueur recherche
Ce n'est pas de l'amiante brute que le diagnostiqueur recherche, mais les matériaux qui en contenaient : la fibre ayant servi de renfort et d'isolant dans le bâtiment courant jusqu'aux années 1990.
La liste type couvre les revêtements de sol et colles noires, le fibrociment des couvertures et conduits, les flocages et calorifugeages, certains enduits.
La conclusion du rapport porte autant sur la présence que sur l'état : un matériau intact ne libère pas de fibres, un matériau dégradé ou perturbé par un chantier, si.
Le réseau de chaleur change le tableau énergétique
Évreux dispose d'un atout qui n'a rien à voir avec l'amiante mais change beaucoup au DPE : un réseau de chaleur qui dessert environ un quart du parc.
Ce raccordement améliore nettement l'étiquette des immeubles concernés, sans modifier en quoi que ce soit leur obligation de repérage : celle-ci suit la date du permis, pas le mode de chauffage.
Pour un vendeur, les deux informations se présentent donc séparément : le raccordement comme argument de performance, le constat amiante comme pièce de dossier.
Validité du constat et place dans le dossier
En l'absence de matériau amianté, le document reste opposable sans limite dans le temps. Sa présence ouvre en revanche une surveillance périodique de l'état de conservation.
Le constat s'intègre au pack de diagnostics de vente et se réalise dans la même visite que le DPE, ce qui évite un second déplacement. Les tarifs varient d'un opérateur à l'autre pour une prestation identique.
Ces règles évoluent et se vérifient à date auprès d'un professionnel certifié.
Ce que nous conseillons avant de vendre
À Évreux, sept logements sur dix relèvent du repérage, mais seul le petit noyau d'avant 1949 annonce un dossier réellement difficile.
Le bon réflexe est de disposer du repérage avant toute décision de rénovation : une rénovation énergétique touche précisément aux matériaux susceptibles d'en contenir (sols, conduits, calorifugeages).
Vérifiez aussi l'année exacte : antérieure à 1949, elle déclenche le constat plomb. Le reste suit le dossier de vente, avec l'état des risques à vérifier par adresse.
Questions fréquentes
Quel bâti ébroïcien est le plus dégradé ?
Celui antérieur à 1948 : 17,8 % de passoires et 27,4 % de classes E, alors qu'il ne représente que 1 757 diagnostics, soit 10 % du parc.
Pourquoi l'après-guerre domine-t-il ici ?
La ville a été largement détruite puis reconstruite : la génération 1948-1974 rassemble 7 396 diagnostics, soit 43 % de la commune.
Le raccordement au réseau change-t-il l'obligation amiante ?
Non. Le repérage suit la date du permis, pas le mode de chauffage. Le raccordement améliore l'étiquette DPE, il ne dispense d'aucun diagnostic.
Quelle part du parc est concernée ?
12 202 logements sur 17 331 diagnostics datent d'avant 1989, soit 70,4 %, auxquels s'ajoute une partie des 3 021 logements de la tranche 1989-2000.
Sources officielles
- Service-Public.fr : Diagnostic de performance énergétique (DPE) · Obligations, validité et contenu du DPE.
- ADEME : Observatoire des DPE et audits · Statistiques publiques des DPE réalisés en France.
- Géorisques (ministère de la Transition écologique) · État des risques par adresse (inondation, argiles, termites, radon).
- Annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés · Vérifier la certification d'un diagnostiqueur.